Jour 6 : Des souvenirs pleins les sacoches

Le Pellerin > Pornic

Au lendemain d’une journée intense qui aura puisé dans mon énergie, je profite du calme de la chambre au petit matin en me laissant bercer par le bruit si particulier du bac.

Le petit-déjeuner préparé par les hôtes est composé de crêpes maison, de pain frais avec confiture, miel et beurre salé. Mmmh je me régale, tout en observant le bateau qui charge et décharge voitures et passagers. Il fait des allers-retours entre Le Pellerin et Couëron.

Chaque jour, la même routine. Je prépare méthodiquement les sacoches contenant les quelques affaires utiles à ce voyage. J’optimise. Les baskets sont mises en quinconce enroulées dans des vêtements. Je tente de répartir selon la forme et le poids des objets puis de compresser au maximum pour extraire l’air superflu.

On m’a déjà dit une fois « Donc toute ta vie est là dedans ».

La réponse est non. Ce n’est que du matériel, ce n’est pas ma vie. Les objets s’usent, se cassent, se perdent. Ils sont fait pour cela. Ils n’ont de valeur financière ou sentimentale que si on leur en donne. Ce qui m’importe ce sont les humains – incluant mon chat qui est assez proche d’en être un -, les aventures vécues et les souvenirs qu’elles laissent.

Avant de quitter les lieux je discute longuement sur le palier de la maison avec les hôtes, Hélène et Jean-Marc à propos des voyageurs à vélo qu’ils reçoivent et d’un projet en camping car. Leur rêve a été mis en pause par la pandémie, mais n’est pas balayé pour autant. Ils projettent, dans quelques années, de partir sur les routes pour (re)découvrir le monde. De quoi donner des idées, n’est-ce pas ?

Je prends finalement la route, jusqu’à une base nautique qui propose l’exposition d’une peintre locale, des paninis au fromage et des crèmes glacées.

Je longe la Loire, puis apparaissent les premières cabanes de pêcheurs. Arrivée à l’estuaire, je dépasse le pont de Saint Nazaire et l’immortalise sous plusieurs angles avec mon téléphone. De l’autre côté se trouve l’impressionnant chantier naval d’où sortent les plus gros paquebots du monde.

Me voilà à l’océan. Le parfum de l’air est plus iodé. Le vent souffle différemment.

À Saint Michel Chef Chef, je m’arrête manger des madeleines et j’en repars les poches remplies.

Ensuite c’est du bonheur pour mes mirettes, des criques de sable intime et des vagues bleues sous le soleil. Ça sent les vacances.

Cette fois, la chambre de l’hôtel a une vue imprenable sur les bateaux stationnés dans le port. En sortant la tête par la fenêtre et en allongeant un peu le cou, on peut apercevoir le château de Pornic.

Le temps est venu, d’un verre de vin blanc, pour combler cette douce journée.

Bac : Bateau large et à fond plat de transbordement de véhicules ou de personnes entre deux rives proches.

Composition de mes sacoches :

Sacoche de selle (16.5L) : 1 paire de baskets légères et des sandales plates, 1 pyjama, des vêtements civils techniques : 1 T-shirt, 1 short, 1 pantalon, 1 imperméable, 1 sweat, 1 brassière, 3 paires de bobettes (alias culottes pour les Français) , 2 paires de bas (alias chaussettes)

Sacoche de guidon (9L) : contenant une tenue complète de rechange vélo (maillot, cuissard, brassière, chaussettes), une trousse de toilette dans un sac de congélation hermétique (brosse à dent, fil dentaire, pince à épiler, mascara, huile de coco, etc), de la crème solaire, un pot de crème hydratante, les câbles pour recharger les 2 téléphones et le compteur GPS. Des vêtements de vélo supplémentaires qui ne m’ont pas servit : manchettes, jambières, veste sans manches, surchaussures souples, seconde peau à manches longues, un cache cou.

Sacoche de cadre (4L) : 2 chambres à air, 1 multitool, 1 batterie externe, des papiers d’identité, 1 couteau suisse, des paquets de mouchoir, 1 couverture de survie, 1 tube de pastilles d’électrolyte, un peu de bouffe (souvent des choses glanées au petit-déjeuner).


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