Pornic > Les Sables d’Olonne
Sur le pas de la porte de l’hôtel, je guète la fin de l’averse. Pendant que l’employée en charge des petits déjeuners, me prépare un morceau de pain à la banane dans du papier cellophane.
Ce jour là, je bois mon café dans un endroit insignifiant dont j’ai perdu le nom. Leurs toilettes – plus grandes que mon ancien studio à Versailles – sont détestables. De celles, où, une fois assit confortablement sur le bol, surgit alors le doute d’avoir bien verouillé la porte. Et celle-ci est bien trop loin pour pouvoir vérifier sans danger. Il y a plusieurs possibilités, croiser les doigts pour les optimistes, serrer les fesses pour les superstitieux ou faire un bond à pieds joints pour les plus téméraires. Pour finalement se rendre compte que la porte est correctement fermée.
Je longe un peu la côte avant de traverser une succession de marais et de ports de pêche. Au port des Champs, les cabanes des ostréiculteurs sont colorées, un joyeux assortiment de jaune, orange, blanc et bleu. J’aperçois depuis l’autre bord, un gars assit à côté d’un vélo orange en train de s’empiffrer une bourriche d’huîtres. Je vais à sa rencontre. J’aime pas beaucoup les huîtres mais je ne peux pas passer à côté d’un type avec un vélo d’une telle couleur sans le saluer.
C’est ainsi que je fais la rencontre de Denis qui est partit de chez lui à Cherbourg et pédale environ 70km par jour. Il m’explique, le maillot ouvert jusqu’au nombril, qu’il prend actuellement son petit déjeuner. On jase vélo et voyage un temps avant de le laisser là, finir son repas.
J’aborde le passage du Gois qui rejoint l’île de Noirmoutier, il est ensevelit par l’eau car c’est marée haute. J’aurais pu passer par là, tant pis, je rebrousse chemin et reprends la voie verte Vélodyssée.
Après un panneau, « Bienvenue en Vendée », je m’arrête à Beauvoir-sur-Mer, sur la place du village pour manger mon sandwich que je traîne depuis le matin dans ma poche.
Denis arrive, s’arrête à ma hauteur et me dit :
– « Ah je me demandais si j’allais te revoir ».
La cloche de l’église sonne midi.
– « Tu m’attendais pour le mariage à l’église ».
Euh.
Je crois qu’il est temps que je trace ma route.
À Saint Jean de Monts y’a des dancings avec soirées à thèmes, des bagnoles flashy de cascadeurs à gros pneus et des manèges de fête foraine bling bling. Je passe à côté d’un écriteau géant « BEAU LAND PARK » écrit en lettres lumineuses jaunes délavées. Je me demande si le « F » ne s’est pas décroché. C’est plutôt Beauf’ Land icitte (aka BS ou douchebag pour les Québécois). Bref, un regroupement de Kevin.
À Saint Hilaire de Riez, je tombe sur un camion qui propose des thés glacés face à l’océan. Je m’étends dans une chaise longue. Les mouettes volent bas. Derrière moi un couple discute du sens de la vie. Je pourrais m’endormir là.
Arrivée aux Sables d’Olonne, je suis vidée, je fonce au Airbnb, où Joseph, le propriétaire, m’accueille chaleureusement. Il regarde à la télévision les championnats d’Europe de VTT affalé dans le canapé. Je me pose quelques minutes avec lui avant de disparaître pour la soirée. Il m’a conseillé un bar à vin sur le remblai que je compte bien essayer.
En terrasse, je commande un verre de blanc sec. À ma gauche, un type, les mains jointes. Sur la table devant lui, une bière et un stylo repose sur un carnet. Matthieu prend plaisir à photographier et écrire, alors évidemment, on jase.
Un verre de vin, l’océan et d’la jasette.
Rien de tel.
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